Ces patrons qui osent se mettre au vert

La mise au vert dans le magnifique domaine de Roveréaz, siège de l’ONG Mercy Ships, a été un succès. Dans ce havre de paix logé au milieu des champs, une septantaine d’entrepreneurs ont pris la poudre d’escampette loin de leurs affaires pour venir respirer à plein poumons l’air d’une nouvelle manière de vivre l’entreprenariat. Savoir s’arrêter, prendre du recul, vivre une expérience différente c’est ce qui leur a été partagé ce soir-là par trois intervenants de haut-vol.

Vert

 

Après le mot de bienvenue de Danielle Harbaugh, porte-parole de l’ONG Mercy Ships, la soirée a débuté par une véritable mise au vert: une vidéo conférence en direct avec l’Afrique du Sud avec Roland Decorvet, ex CEO de Nestlé Chine et actuel dirigeant de Philafrica Foods. Il est revenu sur son ce qui l’a conduit, après plus de 30 ans passé chez Nestlé à tutoyer le plus haut poste en vue, à mettre un terme à ses fonctions de directeur pour diriger bénévolement l’un des navires hôpital de l’ONG Mercy Ships. 11 mois durant, avec son épouse et ses 4 filles, il a renoncé au confort d’une vie à la hauteur de ses responsabilités pour occuper une cabine aussi grande que son garage. « Ceux qui me connaissent savent bien que cette décision ne s’est pas prise du jour au lendemain. Un tel virage se prépare, se définit, et invite à penser à ce que l’on fera au retour », a-t-il expliqué. Et d’encourager les entrepreneurs à oser l’expérience d’une mise au vert. « Dites-vous que c’est possible. Et qu’une telle expérience est un bénéfice incroyable pour la suite de vos engagements ». Pour sa part, cette expérience unique de 11 mois lui a notamment permis de découvrir un autre style de management. « Quand les motivations du personnel à bord que vous dirigez ne sont ni l’argent ni les promotions, il faut trouver d’autres mode de faire pour maintenir une cohésion et un élan commun. J’ai découvert un management davantage orienté sur la valorisation de l’humain, mettre en avant les compétences de chacun, les féliciter, les encourager ».

« Dites-vous que c’est possible. Et qu’une telle expérience est un bénéfice incroyable pour la suite de vos engagements » Roland Decorvet

L’expérience du bateau hôpital a également été partagée par Aude Germanier, alors cadre dans le marketing chez Nespresso. Elle avait le « nez dans le guidon » comme elle dit. Plus de vie sociale, le travail, toujours le travail. Sans s’en rendre vraiment compte, sa vie ne tournait qu’autour de cela. Jusqu’au jour où elle a entendu parler de l’expérience de Roland Decorvet. Elle aussi avait toujours rêvé de pouvoir venir en aide au plus démunis…des rêves d’étudiante? Et pourtant, il ne faudrait jamais sous-estimer la force d’un rêve. « Si Roland, avec toutes ses responsabilités, l’avait fait, pourquoi pas moi? », s’était-elle dit. Aude s’est alors mis en quête de concrétiser cette aspiration profonde, ce besoin viscéral. Vivre autre chose, couper, revenir à l’essentiel. « Une idée pas toujours bien comprise et bien reçue par nos proches qui s’inquiètent et vous disent que c’est dommage pour votre carrière en si bonne voie, et vous questionnent sur ce que vous allez faire « après » ». Mais pour rien au monde Aude ne reviendrait en arrière. Son expérience humanitaire lui a permis de revoir ses priorités, de favoriser d’autres aspects de son existence et de retrouver un équilibre. « Un tel voyage vous apporte bien plus que ce que vous en attendiez », a-t-elle exprimé.

« Un tel voyage vous apporte bien plus que ce que vous en attendiez », Aude Germanier

Enfin Hanaël Sfez a choisi une autre manière de couper avec son quotidien de patron. Enfin, couper n’était pas vraiment le projet initial. Il avait l’opportunité de suivre sa femme trois mois durant en Asie, alors qu’elle partait pour 10. Seulement, l’entreprise étant de petite taille, il fallait assurer les arrières. Dans un premier temps, après avoir reçu le feu-vert pour son départ de sa petite équipe de collaborateur, il a mis en place des stratégies de travail à distance. « L’idée était d’emmener l’entreprise avec moi. Faire en sorte que les clients ne souffrent pas de mon absence. Pour cela il fallait un ordinateur portable, une connexion internet et un téléphone et l’appui de mes collaborateurs sur place ». Mais peu à peu, Hanaël découvre qu’il n’a pas besoin de gérer autant que ce qu’il pense. Que ces collaborateurs assurent. Et qu’il est inutile de consulter ses emails sans arrêt. « Peu à peu je me suis détaché pour vivre mon voyage. J’ai appris à faire confiance aux autres et j’ai appris à lâcher-prise vraiment », a-t-il expliqué.

J’ai appris à faire confiance aux autres et j’ai appris à lâcher-prise vraiment », Hanaël Sfez

La soirée s’est achevée avec les délices fermentés d’Hervé Badan, de Swisswine Selection, et gustatifs de l’Artisan Cuisinier Yves Bovy.

Orava SA tient encore à remercier les participants de cette édition estivale, ainsi que tout le comité d’organisation de Mercy Ships qui a ouvert ses portes et nous a gratifié de son grand professionnalisme pour mettre sur pied cet événement.

Et vous souhaitez rester en contact avec Mercy Ships, pour envisager votre propre mise au vert ou des informations complémentaires, n’hésitez pas écrire à info@mercyships.ch